CIRAD
Depuis 1995, la production d'huile de palme a été multipliée par cinq et devrait encore quadruplée d’ici 2050 au détriment des forêts primaires, parfois complètement rasées pour la production de l’huile.
Un habitant d’un village de producteur précise qu’ils ont été pousser à faire ce choix par les politiques qui y voyait une grande participation à l’économie nationale, une stimulation à l’économie locale et une réduction de la pauvreté. De plus les grands groupes exploitant leur avait fait la promesse d’une grande prospérité financière, et une protection au niveau de la santé. Or les seuls à faire du réel profit et à s'enrichir sont souvent les grandes entreprises ou grandes exploitations.


Arguments favorables

Les pays producteurs, généralement pauvres, jugent l'huile de palme source de développement. Les industriels de l’alimentation, des cosmétiques et des bio-carburants font valoir ses qualités chimiques et sa contribution aux profits.
Economie
Aujourd’hui, on retrouve de l’huile de palme quasiment dans tous les produits de notre quotidien : biscuits, pâtes à tartiner, céréales, shampoing, savons, rouge à lèvres, biocarburants …Et pour cause, en plus de remplacer les produits d’origine animale, elle est également bon marché comparée aux autres huiles. Ce ne sont pas les seuls avantages avancés par les industriels, car en effet l’huile de palme résiste à la chaleur et à l’oxydation et possède un goût neutre.
La culture de l’huile de palme, divisée en différentes étapes, peut s’effectuer de différentes manières : elle est d'une grande flexibilité. En outre, les palmiers poussent toute l’année et produisent des fruits en continu. L'huile compose 50% du fruit et possède donc une rentabilité très intéressante comparée à d’autres huiles (soja, colza). Neuf grandes entreprises (dont Sime Darby Plantation, Digoel Agri, ...) ont généré près de 300 milliards d’euros de Chiffre d'affaires en 2016.
La monoculture est la seule manière dont les producteurs cultivent les palmiers à huile. Elle permet une grande concentration de palmiers dans un espace donné, ce qui améliore la rentabilité et ainsi diminue son prix.
Pour les pays du Sud, grands ou petits producteurs, la culture de l’huile de palme constitue un « miracle économique » en particulier en Indonésie et en Malaisie (80% de la production mondiale). L’huile de palme est le principal produit d’exportation de la Malaisie. Plus de 30% de cette huile est exportée pour le biodiesel pour remplacer les énergies fossiles. Cette culture diminue la pauvreté de ces pays mais également permet de financer le développement de nouvelles infrastructures (telles que des hôpitaux, écoles, routes …), leur permettant d’assister à l’émergence d’une nouvelle classe moyenne rurale.
L’industrie de l’huile de palme emploie plus de 3 millions de personnes en Asie et en Afrique: au Nigéria, au Ghana, au Liberia et en Sierra Leone, elle constitue une source majeure de revenus et d’échanges commerciaux dans les districts transfrontaliers.
Les gouvernements occidentaux alertés par les problèmes écologiques, affichent un rôle majeur pour inciter les producteurs à effectuer une transition vers une économie plus saine. Ils mettent la pression sur les entreprises importatrices notamment, afin qu’elles soient plus transparentes, et que le parcours de l’huile soit traçable de bout en bout. L’Union européenne, réclame l’engagement des entreprises pour une huile "durable" dans l'industrie et tendent à réduire la consommation dans les agrocarburants notamment en France.
Social
Pour les plus grands pays producteurs (Indonésie et Malaisie) l’huile de palme représente la première source de revenus et une opportunité de travail pour la population.
La création d’emploi est une priorité des pays producteurs. Entre les grands groupes et les producteurs à l'échelle locale: près de 40% des emplois ont été créés en Malaisie en moins de 15 ans.
Par ailleurs, l’huile de palme est une source d’alimentation traditionnelle et régulière dans les pays du Sud, car adaptée aux régimes alimentaires pauvres en graisses animales. De nombreux malaisiens expliquent que l’exploitation palmitique avait déjà débuté bien avant la commercialisation mondiale, et était utilisée traditionnellement dans la cuisine.
Santé
Selon certains médecins et nutritionnistes, l’huile de palme n’est pas plus dangereuse qu’une autre et posséderait d’excellentes qualités nutritives pour le corps. Riche en vitamine K, en beta carotène, en acide gras sain, elle possède beaucoup d’avantages. Pour exemple, les Français consomment beaucoup plus de beurre que d’huile de palme (2,8 grammes d’huile de palme par jour contre 20 grammes de beurre par jour, lequel est le record mondial !). Son utilisation dans les produits cosmétiques est aussi un avantage car en plus de contenir des vitamines A et E, elle est très bien tolérée par les peaux sensibles et recommandée pour lutter contre les vergetures. Elle remplace avantageusement les graisses animales fort décriées. Des médecins spécialistes affirment qu’elle n’est pas nocive à condition de la consommer modérément comme tout autre aliment : une surconsommation, dans les produits transformés notamment, peut effectivement être dangereuse mais en Afrique par exemple, l’huile de palme fait partie de la nourriture quotidienne et n'est pas analysée comme dangereuse.
Environnement
La production d’autres huiles est souvent considérée comme un désastre environnemental encore plus important que celui lié à l'huile de palme dont la productivité reste inégalée. Le colza, le soja nécessitent de plus grandes surfaces cultivables, davantage de pesticides, pour un rendement moins favorable: pour produire autant d'huile que ce que donne 1 hectare de palmiers, il faut 6 hectares de colza, 8 hectares de tournesol ou 10 hectares de soja !.
Le Brûlis est utilisé à grande échelle dans le but de défricher de grandes parcelles de terrain pour de nouvelles plantations. Cette technique est décrite comme étant « pratique » puisque les arbres ont juste besoin d’être taillés et non déracinés. Les besoins en équipement sont donc moindres et les frais réduits pour les producteurs grands et petits.
De plus, la pratique de la culture sur brûlis assèche le terrain : il ne reste plus qu’à planter et semer les graines. L’entretien de la pousse est amélioré par la présence des cendres qui constituent un engrais naturel.
La coupe du bois de forêt tropicale est aussi utilisée et source de revenu.